Monde en larme
02/09/2016 11:25 par lyriqua
Mitraillette chante le rythme de cette nouvelle ère
Où les bombes remplacent le tambourinnement de la grosse caisse
L'urbanisme prend son essor dans les cimetières
Où les ondes entrennent les cadavres encore en stress
Stress vivant dans la peur d'étouffer sous les décombres
D'un monde poussé à bout jusqu'à l'effondrement
C'est la crise de nerf des enfants qui n'apperçoient que leurs ombres
Nageant dans leurs larmes à la couleur du sang
Il pleut sur la terre un liquide acide au goût amer
Les mers débordent sous le déluge des matières chimiquement transformés
Leurs progénitures diverses et variées se noient dans cette atmosphère
Disparaissent tels des foetus avortés sans avoir eu le temps de se former
Les côtes s'emplissent de tout ces naufragés aux songes éphémères
Essoufflés par la marche sans fin vers l'utopie sur papier
Billets sales pourissant le système tel les cellules d'un cancer
Nourri par la rougeur suintante des larmes des pays du tier
Ma vie s’envole du haut des nuages pluvieux et gris
Par-dessus les visages pâles et les maisons de crépis
Mon cœur vacille entre joie et peur aux soubresauts atmosphériques
Ma tête se perd dans les images d’un pays féérique
Dure comme une naissance est l’atterrissage de l’esprit
En terre inconnue et si loin de ce qu’il a appris
La violence des freins sur la piste est telles les contractions les plus fortes d’une mère
Et les pleurs nostalgiques de ce passager qui réalise qu’il a perdu tout ses repères
L’inconnu interroge dans les regards des naturels
L’inconnu est hors de porté de leur mode usuel
L’inconnu est la menace du changement futur
De ses bagages sort le mélange des cultures
Contré magnifique au goût de paradis,
Le silence est venu et t'a meurtrie.
Seul, je peux percevoir le son des flots
Provenant du court d'un petit ruisseau
Qui coule au fond de la vallée,
Déversant son liquide agité
Pour emplir le fleuve de son contenant,
Au rouge pourpre couleur du sang
Les voix de tes habitants aux son lourd
Se sont éteintes en un dernier cri sourd.
Leur geste animée tel des pantins
Ont été cassés par d'autres mains.
Les corps gisent inertes et putrides
Sur ce lit éternelle d'herbe humide,
Recouverts d'une couverture de feuilles mortes,
Déposées par le vent et sa force.
La cohorte de violence n'a laissé au passage
Que les âmes violées de son carnage.
Survivants, le regard figé d'un vide glacial
Immobilisés à la vue de ce destin fatal,
Aux images abîmées de la terre promise,
Par l'homme et la terreur de son emprise .
Guerre quand cessera tu ta ronde infâme,
N'épargnant ni enfants ni femmes ?
Nuit, fait moi boire de ton nectare afin d'apercevoir des points briller dans le noir
Attend moi, aprés la lueur du soir, au bord de l'abreuvoir pour voir une lueur dans ce cauchemar
Où le long des trottoirs pourront s'asseoir les clochards écoutant jusqu'à tard tes belles histoires
Fuyant leur cafard, tels des bagnards, libres de croire enfin en l'espoir.
Ivres, ces vieillards fêtards retrouvent leur mémoire, perçant ton brouillard
De rires en pétards, claquand leur machoire, sortant leur mouchoir
Et les rares froussards, spectateurs de cette foire, se barrent dard dard en évitant les flaques de l'urinoire
Nuit, manoire des rues servant de couchoir au plus goguenards
D'autres, plus débrouillards, font valoir leurs milliards au fond du tiroir de leur placard
Ceux sont les corbillards défilant en jaguar, les plus futés renards qui se marrent sur notre poire
Se gavant de caviar mais avards pour donner le moindre dollar
Fêtant à part, loin des regards leur monde dérisoire dessiné du bout de leur cigare.
Nuit tu es le perchoir, miroir de tout les écards.
Tu as troqué la vie pour l'habit du corbillard
Bougeant au son des mitraillettes et kalachs
Moi je danse au son des djembes et cithares
La peur ne pourra atteindre ma démarche
Viens je t'attends sur la piste pour partager mon sourire
Viens nous sommes tous deux de simples pantins
Que le destin a décidé un soir de réunir
Pour rejoindre les racines de la terre au petit matin
Ta haine a voilée ton esprit asservi à leur dessin
Nul religion ne peut voler notre destin
Nul politique ne peut cacher ses assassins
Ce soir nous leur servirons pourtant de festin
Viens je t'attends sur la piste pour partager mon souffle
Viens nous sommes tout deux de simples humains
Que seul l'apparence différente mitouffle
En ce dernier instant joignons nous les mains
Osons nous regarder avant de fermer les yeux à jamais
Osons nous aimer avant que nos sangs ne se mélangent
Osons arrêter ce spectacle monter par ceux du sommet
Osons chanter, rire et vivre tels des anges
Un instant.......pour l'éternité
Va-t-en ! Va-t-en ! Je ne veux pas entendre ta voix du silence, marteler ma pensée, appelant mes idées blanches et noires pour les faire valser sur un air de folie entre cris et joies, me battre la tête de leurs percussions jusqu'à m'assomer de leurs illusions et souler de leur soul. Finir ivre de béatitude face à toi ma solitude.
Cinq prières, cinq façons
De demander pardon
Cinq prières, cinq moyens
De me laver les mains
Pardons Madame de toutes ces années passées à vos côtés,
Oubliant l’alliance qu’un jour nous avons posé
Sur cette feuille de papier transpercée de vos larmes
Versées sur mes mots telles des armes.
Pardons, d’être paru en habit de roi et non d’époux,
Servi du matin au soir par la sueur de votre cou,
Avec le regard droit et fier, voilant son cœur.
Car un homme, Madame ! Ca doit faire peur.
Cinq prières, cinq façons
De demander pardon
Cinq prières, cinq moyens
De me laver les mains
Pardon mon fils, toi qui ignore mon nom,
Toi qui cours pied nu sur le goudron
Sal des rues laissées à l’abandon,
Longeant les quartiers des bidons.
Que dieu me pardonne de ne pas te connaître,
D’ignorer même le jour qui t’a vu naître
S’il le veut tu pourras vivre heureux
Mais l’ignorer me paraît le mieux
Pardon pour ta scolarité oubliée
Pour ne pas t’avoir légué ma nationalité,
Pou ta mère expulsée,
Et ta vie oubliée.
Cinq prières, cinq façons
De demander pardon
Cinq prières, cinq moyens
De me laver les mains
Pardon mon enfant, toi si innocent,
Que la misère rend offrant.
J’ai sombré sous tes années
De prostitution forcée.
Que dieu me pardonne d’avoir voyagé sans limite,
D’en avoir oublié les produits illicites,
En m’accordant une bonne conscience,
Puisque beaucoup d’autres en faisaient leur science.
Pardon pour ton regard vide,
Pour ma soif de sexe avide,
Pour mon argent si facile,
Et mon âge fébrile.
Cinq prières, cinq façons
De demander pardon
Cinq prières, cinq moyens
De me laver les mains.
Pardon ma sœur, toi si libre,
Pour avoir répugner, insulter ta soif de vivre.
Si grande de t’être envolée
Loin de nos filets !
Que Dieu me pardonne de ne pas comprendre
Que la différence n’est pas à m’éprendre,
De cracher sur toutes les autres religions
Et aussi sur les autres sources d’opinions.
Pardon pour ne pas t’avoir écoutée,
Pour t’avoir poussée à déserter,
Pour détester ton bonheur
Et souhaiter ton malheur.
J'ai écrit ce texte non pas pour pointer du doigt les musulmans mais pour illustrer l'hypocrisie d'une grande partie des hommes à Mayotte qui se disent religieux et pourtant ne semblent pas connaitre le coeur même de la religion.